Faut-il être un tueur ? Oui !
Faut-il être un tueur pour faire de la politique ? Pour ceux qui se sont délectés des 4 heures de documentaire sur l’ascension de Jacques Chirac lundi et mardi sur France 2, la réponse semble être évidente : Oui. Oui je dois descendre tous mes petits camarades qui voudraient me faire de l’ombre, si je veux parvenir à mes fins.
Que ceux qui y verraient une tare du monde politique se consolent en réalisant que la conquête du pouvoir par ceux qui veulent être promus PDG de leur entreprise ou président de leur association n’est pas forcément plus propre. Seuls les moyens sont ajustés à la taille de l’enjeu, l’état d’esprit, lui, est le même. Vouloir prendre le pouvoir, c’est accepter de tuer les autres.
Et c’est pareil dans le monde soi-disant “fair-play” du sport. Si certains gagnent des millions pour jouer quelques heures par mois, c’est parce qu’ils ont été capables d’écarter les autres. Alors quand certains disent vouloir inculquer les valeurs du sport aux jeunes, je reste songeur… On pourrait tout aussi bien leur inculquer les valeurs de la politique.
Jacques Chirac et Zinedine Zidane
Notre société est mue par le ressort de la compétition. Si je veux être le meilleur, je dois prendre la place des autres. D’où le système scolaire français basé sur la sélection (telle langue étrangère au collège, telle filière, tel bac, telle prépa, telle grande école = gagné ou perdu). Donc finalement même l’éducation nationale nous apprend à tuer.
Alors comment pourrions-nous reprocher à Chirac d’avoir tué Giscard, Barre et Balladur ? Jacques Chirac, c’est nous en version présidentielle, ni plus gentil ni plus méchant, juste plus puissant. C’est pour ça qu’on l’adore.







